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Qui sommes-nous ?

les chambres du serviceFada n’Gourma est le chef lieu de la province du Gourma qui appartient à la région de l’est, l’une des plus grande et la plus pauvre du pays.
La population de Fada n’Gourma est d’environ 35 000 habitants, celle du Gourma, d’environ 3, 5 M ha. Les populations desservies sont surtout d’origines gourmantchée et mossi, mais toutes les ethnies se croisent harmonieusement dans le Gourma, notamment peul, bissa et yarsé.
Les trois religions sont représentées, animisme, islam, christianisme.
Les langues parlées sont principalement le gourmantché et le moré. Le français est le plus souvent compris mais n’est parlé que par les personnes scolarisées.
Le service de psychiatrie dessert les cinq provinces du Gourma. Il est composé de trois professionnels, infirmiers spécialisés ou non sous la responsabilité de Oumar Sangaré, attaché de santé spécialisé en psychiatrie.
À l’hôpital de Fada N’Gourma, le service est autonome, un peu à l’écart du reste de l’hôpital, situé à proximité de la morgue mais à distance du Service de Lutte Anti Tuberculeuse (SLAT). Ce sont les deux seuls services “isolés” du Centre Hospitalier. Mais c’est un lieu de passage aussi bien pour la population que pour les professionnels de l’établissement. De ce point de vue, la convivialité est de règle et facilite l’intégration de la psychiatrie dans l’ensemble du dispositif de soins hospitaliers. L’attention portée par la direction au développement du travail soignant de proximité est également un élément récent mais favorable à ce développement.
à la rencontre des tradi-thérapeutesLe service se compose de 5 bâtiments complémentaires :
- un lieu de consultations et de soins infirmiers ;
- trois chambres prévues pour accueillir chacune un patient et un membre de sa famille, chaque chambre étant autonome ;
- une chambre d’isolement, qui n’a jamais été utilisée ;
- un local pour la toilette  et l’hygiène ;
- l’abbatam, central, lieu de rencontre, de détente, de réunions et de repas communautaires soignants-soignés-familles.
Un peu à l’écart, les familles peuvent à loisir préparer des mets que l’hôpital ne fournit pas, en particulier des plats traditionnels.
L’inspiration de cette architecture est de type institutionnel, tout comme la pratique psychiatrique de l’équipe soignante.
L’hospitalisation est de courte durée et n’est indiquée qu’en cas de nécessité, compte tenu de la charge qu’elle représente pour le patient et sa famille : cette dernière est toujours présente au chevet d’un patient pour lequel il faut contribuer à l’entretien et à la nourriture, alors même que les bras sont absents du travail ce qui est synonyme de perte de revenus.
L’essentiel de l’activité est donc ambulatoire.
Elle demande une grande disponibilité de la part des soignants, le service étant ouvert de 7 heures à 17 heures, avec une pause de 12 à 15 heures pour le repas. Une astreinte complète le nycthémère et les soignants peuvent, en cas d’urgence, être joints à tout moment.
En dehors de la présence soignante, les patients hospitalisés restent sous la surveillance de la famille, selon le principe de la psychiatrie communautaire, ici symbolisé par la disposition des locaux, à l’image d’une concession de village. Cependant, rien ne favorise l’hospitalisme et la dynamique propre du patient et de son environnement est constamment privilégiée.

pathologies prises en charge

Toutes les catégories nosographiques de la CIM 10 sont prises en charge par l’équipe psychiatrique de Fada n’Gourma en témoigne les statistiques des trois dernières années :

Année

File active

Nouveaux patients

2003

390

141

2004

790

189

2005

737

207

Totaux

1917

537

 
Trois types de pathologies ont été principalement observés au cours de la mission :
- des psychoses délirantes, de tous types : schizophrénies, troubles délirants persistants, troubles délirants aigus polymorphes et transitoires, troubles schizo-affectifs ;
- des troubles de l’humeur, aigus ou chroniques, manies et dépression organisés volontiers en troubles affectifs uni ou bipolaires ;
- les conséquences de l’alcoolisme, (au dolo, ferment de mil, principalement), avec arriérations mentales et syndromes alcoolo-fœtaux.
Mais on observe également des troubles névrotiques, troubles obsessionnels compulsifs, hystérie et hystérie d’angoisse notamment.
Il faut faire une mention particulière pour les pathologies psychiatriques post-traumatiques liées à la vie quotidienne des burkinabés :
- la dangerosité de certaines routes, aussi bien en termes de sécurité routière (mauvais état et surcharge des véhicules, pistes, animaux divaguant, éclairages incertains la nuit...) qu’avec le risque d’agression physique (coupeurs de route sur la liaison Fada-Pama, route du Bénin, même si la sécurité a été grandement améliorée au cours des derniers mois) ;
- l’émigration économique en Cote d’Ivoire, vécue comme un Eldorado par les burkinabés qui sont pourtant soumis à des conditions de vie souvent déplorables. Il s’agit là d’un enjeu narcissique majeur : on ne peut revenir défait de la Côte d’Ivoire sous peine de disqualification sociale majeure. Les événements récents n’ont donc pas facilité les choses.
Enfin, une mention spéciale doit être faite de deux pathologies très répandues :
- l’épilepsie, sous toutes ses formes et à tous âges. Elle est la conséquence de traumatismes néo-nataux et de l’alcoolisme, possiblement des déficits iodés et les étiologies sont ici probablement intriqués ce qui laisse la place à une politique de prévention. Cette pathologie est en pratique prise en charge par l’équipe de psychiatrie qui est véritablement neuro-psychiatrique en la circonstance.
- les goîtres, fort nombreux, notamment chez les femmes et les enfants : l’aridité du climat et l’éloignement de la mer en est une explication. Sur le plan psychiatrique, on observe nombre de crétinismes dont l’origine est manifestement l’hypothyroïdie.

modalités de prises en charge

Malgré des moyens limités, au regard de praticiens occidentaux, la pratique psychiatrique est élaborée et diversifiée. On retiendra principalement :<br>-la qualité de l’investigation clinique et de la tenue des dossiers, corollaire de la tenue des locaux d’hospitalisation et de consultation ;
- la rigueur de la construction diagnostique qui prend en compte la séméiologie psychiatrique classique mais aussi la dimension psychopathologique, culturelle et sociologique des problématiques ;
- la primauté donnée à la prise en charge ambulatoire, qui favorise le maintien du patient dans sa communauté socio-économique et favorise la reprise de son activité après l’épisode pathologique aigu qui l’a, le plus souvent amené à rencontrer l’équipe psychiatrique, avec l’important travail développée dans les dispensaires de brousses malgré des moyens précaires (une moto vieille de 18 ans...), travail réalisé en partenariat actif avec le personnel de ces postes ;
- l’importance donnée à l’éducation et à la prévention : ainsi, tous les patients disposent d’un carnet de santé rigoureusement tenu à jour ;
- l’humanité des soins avec une attention porté à la personne et à son entourage, tout particulièrement en situation d’urgence et d’agitation ;
- l’importance du crédit dont dispose l’équipe psychiatrique auprès de la population et des autorités, facilitant ce type de prise en charge.

Certains points posent problèmes :

- la grande polyvalence des activités, qui réclame disponibilité et compétences étendues de la part des professionnels ;
- l’existence de pathologies de l’enfant et de l’adolescent, probablement sous estimées, pour laquelle l’équipe n’est que sommairement formée ;
- les limites dans les moyens d’investigation paraclinique, qu’il s’agisse de l’épilepsie, des pathologies thyroïdiennes mais aussi de la surveillance des traitements thymorégulateurs ;
- les limites imposées dans les choix thérapeutiques : les patients ne peuvent disposer que de 6 médicaments, tous génériques :

Il y a donc un contraste entre la finesse de l’investigation clinique et le schématisme des thérapeutiques en usage.
- l’immense chantier que constituent la prévention et l’information des populations, même si tous les moyens sont utilisés (radio, presse, écoles, lieux de cultes...) mérite d’être soutenu et renforcé. Soulignons le contexte favorable au Faso, pays qui, en matière de santé et de prévention, a une politique volontariste, d’ailleurs rappelée par le ministre lui-même au cours de notre séjour, mais des moyens à la mesure de l’économie du pays, antépénultième plus pauvre de la planète.
Un dernier point doit être souligné, la collaboration active et, pour ce que nous en avons observé, fructueuse avec les tradi-thérapeutes qui font partie intégrante de la vie burkinabé et de l’imaginaire commun de cette population. Le respect des croyances et leur intégration dans la dynamique de soins est un facteur essentiel dans la réussite du processus thérapeutique individuel, dans l’acceptation de la maladie par l’environnement et, au-delà, du travail de sensibilisation, de prévention et de déstigmatisation de la maladie mentale et de son traitement réglé sur des bases scientifiques.

données environnementales

- aide matérielle, notamment alimentaire et vestimentaire, pour les patients ou leurs familles pendant le temps de leur incapacité ;
- aide à la fourniture de médicaments pour les plus défavorisés ;
- aide à la scolarisation des enfants de patients, l’éducation est un enjeu majeur pour les enfants de ce pays ;
favoriser l’insertion socio-économique des patients marginalisés par la maladie, situation limitée dans un pays où la solidarité familiale et le lien social sont primordiaux ;
- acquisition de matériels pédagogiques dans un but de prévention et d’information ;
- coopération avec des associations du “Nord” : l’adhésion à la Fédération d’Aide à la Santé Mentale Croix-Marine a d’ores et déjà été financée par l’association Avicenne, association saint-loise issue du secteur de santé mentale de Saint Lô.

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